Les origines:
Halloween est une fête traditionnelle américaine et canadienne qui a une lointaine origine celtique : il y a vingt siècles, les Celtes fêtaient, pendant toute une semaine, le changement d'année – appelé Samonios en Gaule, Samain en Irlande – aux environs du 1er novembre. Importée, pour finir, sur le nouveau continent, par les immigrants catholiques irlandais – l'Irlande ayant été évangélisée très tardivement au VIe siècle, c'est le pays où la fête de Samain a subsisté le plus longtemps.
Son nom actuel est une altération de All Hallow's Eve, qui signifie la veille de la fête des saints, donc la veille de la fête catholique de la Toussain
Halloween, top ou flop?
Malgrès les efforts réalisés pendant les années 1990 auprès des journalistes (par le biais de nombreux dossiers de presse) par la Chambre Syndicale de la Confiserie et par des sociétés telles que Mattel, Hasbro et surtout Haribo et Ferrero, la fête de Halloween prend difficilement pied en France. Située à mi-chemin entre les vacances d'été et les fêtes de fin d'année, elle permet en effet de relancer la consommation de biens festifs (bonbons, déguisements et décorations, sorties) à une période habituellement creuse. Mais de fait, c'est une fête très codifiée (noir et orange, citrouille et sorcière, quête de bonbons ou soirées chaudes) plus compréhensible que Carnaval.
Certains accusent Halloween de ne correspondre à aucune tradition profonde et d'être, de fait, une simple manifestation commerciale. Il faut se souvenir à quel point des fêtes véritablement populaires telles que Noël (dont l'Église catholique a fortement combattu le côté païen et mercantile apparu après la seconde guerre mondiale) ou la fête des mères sont récentes bien qu'elles aient des racines anciennes. Finalement, ces fêtes introduites par les sociétés pour le profit s'immiscent petit à petit dans la tradition.
Certaines des sociétés qui ont communiqué en France sur le thème d'Halloween précisaient dans leurs dossiers de presse et leurs plaquettes promotionnelles qu'il ne s'agit pas d'une fête américaine mais de rappeler que c'est une fête d'origine européenne qui, en quelque sorte, « revient au pays » après une parenthèse historique partiellement nord-américaine. Tout cela est à la fois vrai (le nouvel an de l'antiquité celtique) et faux (dans sa forme actuelle, Halloween est bien une fête américaine plutôt récente).
Peu concernés par cette question de l'authenticité historique, les enfants semblent apprécier de plus en plus cette célébration dont ils aiment l'esprit et le sens – s'amuser à faire peur et prétendre jeter des sorts. On retrouve cette même préoccupation dans des œuvres à grand succès telles que la série de télévision Fais-moi peur, les livres Chair de Poule, la série de Joann Sfar (romans, BD, dessin animé) Petit Vampire, Harry Potter, etc.
Pourtant, depuis 2002, on peut observer que le budget que les familles de France et de Belgique accordent à la fête d'Halloween est de plus en plus réduit. Certains commentateurs oublient la crise en cours et expliquent le fait que les gens voient cette fête comme une grande opération de marketing et que, traditionnellement, les gens sont plus proches de Noël (deux mois après Halloween) et lui réservent donc leur budget-fête. En Belgique, en Allemagne et dans l'est de la France, il faut aussi prendre en considération la fête de saint-Nicolas le 6 décembre qui est en baisse de fréquentation depuis 30 ans. Un autre motif possible de la baisse de succès d'Halloween est l'anti-américanisme grandissant en Europe, suite notamment à l'élection et surtout la réélection de George W. Bush. Cette fête est en effet considérée par certains comme une forme de domination culturelle par les États-Unis.
Alors, Halloween? Le faire ou ne pas le faire, telle est la question.